Futurama, présentation
Matt Groening. S'il est presque impossible, voire révélateur d'une certaine inaptitude à vivre en société, de ne pas rapprocher ce nom des Simpsons, d'aucuns connaissent également l'autre chef d'oeuvre dont cet homme est le créateur. Futurama est comme tous les bijoux, maudit. Il a connu les affres de la déprogrammation mais aussi l'opprobre de la FOX qui n'a jamais réellement soutenu le projet. Pourtant sans prétendre à être meilleure que les Simpson, Futurama a des qualités indéniables qui lui permettent d'être conseillée à des amis sans risque que ceux-ci vous accusent d'empoisonnement du temps libre.
La différence avec les Simpson tient du fait que Futurama a un scénario. Elle raconte l'histoire de Fry, jeune livreur de Pizza en l'an 1999. Le jour du nouvel an, il doit livrer une pizza dans un centre de cryogénisation. Seulement c'est une blague et Fry passe son réveillon à manger une pizza trop froide dans un endroit très glauque. Soudain alors qu'il joue sur sa chaise, il tombe et se retrouve enfermé dans un caisson qui le transporte mille ans en avant dans le temps. Le voilà donc en 3000 où le monde a bien changé. Il rencontrera alors Leela et Bender, ainsi que son dernier relatif (Arrière arrière [...] arrière petit-neveu me semble t-il) encore en vie, le professeur Hubert Farnsworth et deviendra livreur, mais cette fois pour le Planet Express.
Futurama a un scénario et une continuité omniprésente : Les personnages se construisent et évoluent, les relations aussi. Par ailleurs il n'y a pas de cadre familial : La plupart des personnages n'ont pas de famille sauf exceptions (Hermès et Amy bien que cette dernière soit relativement indépendante) et le lien entre les personnages principaux est plus similaire à celui d'une entreprise ou d'une bande d'amis. Le contexte est forcément différent du fait de l'époque future. L'innovation la plus (ou la moins, c'est selon) étonnante est la Cabine à suicide, devant laquelle on aperçoit toujours une queue plus ou moins longue. De même, la mort est un fait comme un autre, sans effusions, ainsi que les blessures les plus graves. La terre est dirigée par un président (Qui n'est autre que la tête conservée dans du formol de Richard Nixon), le Français est une langue morte, Jésus est déjà revenu sur terre, Terre qui a déjà été envahie à de multiples reprises. La technologie s'est grandement améliorée, cependant les problèmes des gens sont presque toujours les mêmes et ce qui est censé arranger les choses ne fait que créer d'autres soucis. De même les robots sont pratiquement une peuplade à eux tous seuls avec leurs originalités et leurs coutumes robots (L'électricité est leur drogue)
L'humour de la série est particulier puisqu'il se base presque exclusivement sur les situations et les personnages. Fry est profondément stupide, Leela a de multiples petits défauts mais reste un personnage axé sur l'action, Bender est un sac à vin (Mais il est obligé, l'alcool est son carburant ; régulièrement ses amis lui reprochent d'être sobre quand ils voient une barbe de rouille se former autour de sa bouche), le professeur Farnsworth est sénile et invente sans cesse des choses plus ou moins farfelues. Amy est quelque peu proche des hommes, Hermès est un administratif jamaïcain obsédé par son métier, le docteur Zoïdberg est un extraterrestre décapodien qui n'y connait rien en anatomie humaine (Il appelle Fry "Madame" dans le second épisode) sans oublier le concierge, Scruffy, qui passe son temps à lire des magazines de charme. La série a par ailleurs une tendance plus lâchée que les Simpson et parle plus volontiers de sexe (Par exemple l'épisode "Amazones Amoureuses" où les femmes donnent aux hommes la mort par "Snoo-Snoo"...).
La ressemblance avec Les Simpson se retrouve cependant dans les personnages secondaires qui sont presque tous excellents : Zapp Brannigan ressemble quelque peu à Feu Troy McClure (Rappelons que Troy a été supprimé des Simpson suite au meurtre de son doubleur américain Phil Hartman, tué par sa femme) avec sa fantaisie et sa lâcheté. Comme dans les Simpson, les personnages les plus hauts placés sont soit stupides, soit irrationnels, soit hystériques, soit cruels. M'man, grande industrielle créatrice de la plupart des robots, est une mégère tyrannique qui n'est pas sans rappeler dans certains accès, un certain Montgomery Burns. Farnsworth n'est pas sans rappeler parfois Abraham Simpson et Zoidberg est proche du Docteur Nick dans certains aspects même si les deux personnages n'ont pas la même visée (Zoidberg est à des années lumières de connaître son métier alors que le Dr Nick est juste Cheap et incompétent).
Futurama a une continuité, une réelle continuité qui se voit dans la poursuite de certaines intrigues, notamment la raison de la venue de Fry dans le futur qui n'est pas anodine. De même, en allant dans le futur, Fry n'a fait que justifier son existence puisqu'il retournera dans le passé, à Roswell, pour "aider" à sa conception, ce qui lui donnera une particularité assez incongrue (Peu de gens peuvent se vanter d'être leur propre grand-père...). Leela est au début de la série la seule de son espèce, elle découvrira plus tard qu'il n'en est rien. Amy va trouver l'amour en la personne de l'adjudant de Zapp Brannigan, Kif. Idem, Leela et Zapp vont avoir une relation sexuelle qui ne cessera de créer des tensions entre eux tout au long de la série. Fry est éperdument amoureux de Leela mais ses sentiments n'ont de cesse d'être repoussés (Jusqu'à un certain moment). Le professeur Farnsworth, soucieux de préserver son héritage, se clonera en un enfant, Cubert. Chaque personnage évolue, gagne en personnalité et accumule des évènements marquants dans sa vie et sous nos yeux. D'ailleurs le temps passe dans Futurama (La série se déroule actuellement en 3010 dans sa sixième saison) et les personnages sont donc censés vieillir (Mais ça n'est pas forcément visible du fait de plusieurs évènements) - Tout cela contribue à donner de multiples intérêts à la série qu'on peut suivre à différents degrés de lecture.
La série a de plus bénéficié dans les premiers temps d'un doublage exceptionnel avec William Coryn à la direction artistique (Il est notamment la voix française de Kyle dans South Park) ainsi que le trio d'Or Alexis Tomassian pour Fry (Qui est connu pour jouer J.D. dans Scrubs), Blanche Ravalec pour Leela (Bree dans Desperate Housewives - Il est à noter qu'en VO Leela est servie par Katey Sagal, mondialement connue comme étant Peggy Bundy dans "Mariés deux enfants" ou plus récemment Gemma dans "Sons of Anarchy") ainsi que Bernard Tiphaine pour Bender (Qui a joué notamment Le Critique dans Ratatouille, mais aussi connu pour être le doubleur français officiel de Chuck Norris). Le doublage change au milieu de la série quand la direction artistique changera, et une petite rébélion s'effectuera même quand Alexis Tomassian refusera de doubler sur les Films, considérant la traduction et l'adaptation de ceux-ci comme étant de piètre qualité (Ce qui n'est pas totalement faux - il suffit de regarder comment le gag de Bender au sujet du pénis de Fry a été escamoté).
Je dis "Films" car Futurama sera déprogrammée de la FOX au terme de 72 épisodes, et ressuscitée en films qui lui permettront de gagner une nouvelle vie sur la chaîne Comedy Central. La FOX n'a jamais cru en ni même soutenu le projet Futurama, à l'inverse des Simpson. Les quatre films sont de qualité inégale (Le premier est de loin le meilleur, le second est plus faible, le troisième plaira aux fans de Donjons et Dragons, le quatrième est clairement le plus mauvais) mais la saison 6 qui a commencé il y a peu commence à retrouver le goût du Futurama passé et à devenir vraiment distrayante - notamment l'épisode où les personnages échangent leurs corps. Futurama est une grande série qui va bientôt atteindre son centième épisode. Gageons qu'elle ne sera pas déprogrammée à nouveau et connaîtra la même longévité que sa cousine Simpson. Seul le futur nous le dira.
The Oblongs, présentation
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Dans le monde du Cartoon il y a les Winners, les gagnants, ceux qui peuvent tout oser, ceux qui peuvent même faire des blagues salaces sur l'holocauste ou sur Ground Zero. Et il y a ceux qui ont connu le tragique destin d'être arrêté dès la première saison. Ceux-là, on ne leur laisse même pas un bout de gloire à grignoter. On les oublie allègrement. A regret parfois.
Dans une ironie qui tient de la malédiction ultime, The Oblongs, série arrêtée en première saison, est un cartoon dans lequel il y a les Winners, les gagnants, ceux qui ont tout, qui peuvent utiliser l'argent comme du papier-cul, qui sont beaux, propres et vivent dans des palac es. Et il y a ceux qui vivent dans la fange, dans un environnement toxique et qui en conséquence sont laids et pauvres. C'est sur ce paradoxe que s'est construit cette étrange série, "The Oblongs".
"The Oblongs" a connu une diffusion confidentielle en France, et c'est peu dire : Sur TF6, à partir du 16 juin 2002 - ça ne s'invente pas. J'en avais pris connaissance grâce aux pages magazines du Télé Câble Satellite Hebdo et avais visionné par curiosité. Mon impression suivant le premier épisode avait été particulièrement enthousiaste face à ce déluge d'humour acide, de répliques puissantes et bien amenées, et devant ces personnages extrêmes. Je n'utilise pas ce dernier terme par hasard.
Le "héros" est Milo, un jeune garçon qui souffre d'un nombre incalculable de troubles du comportement. Cependant il est physiquement très normal à côté de ses frères Biff et Chip qui sont siamois avec l'impossibilité anatomique de se séparer (Trois jambes à eux deux). Sa petite soeur Beth a une étrange excroissance rose sur la tête qui fait penser (sans trop réfléchir) à un pénis. C'est peu à côté de leurs parents. Si Pickles, la mère, est chauve, alcoolique et hyper-fumeuse, Bob, le père, n'a quant à lui ni bras ni jambes. C'est un homme tronc. Accessoirement il fume la pipe et s'habille et s'exprime comme un paternel des années 50. Ce qui fait de lui un être particulièrement dérangeant, vous en conviendrez.
La série repose sur ce cadre familial, très "à la Simpson" - L'épisode 4 se permet même l'impudence de reproduire en une scène le gag du canapé - mais les codes en sont radicalement différents : Les sagesses digressées sont vite dissolues dans les lubies. Les personnages ont une psychologie à deux vitesses et ne s'aperçoivent de leur erreur que bien trop tard, ce qui donne lieu à des morales tardives mais toujours mièvres et indolentes. On ne se refait pas.
Les amis de Milo ne sont pas en reste avec Helga, morbidement obèse, mangeant absolument n'importe quoi qui aie l'air comestible et prenant une apparence de crapaud. Psychologiquement, elle vit dans des fantasme surréalistes (Elle se prend notamment pour une top-model). Mickey Butts a des fesses tombantes comme des seins et souffre d'une malchance chronique affreuse. Peggy est la jeune adolescente pleine de rêves et d'espoirs. Sauf qu'il lui manque la partie inférieure de sa mâchoire, qu'elle n'a qu'un seul sein développé et qu'elle est la fille d'un couple homosexuel qui, d'après une incartade, l'aurait conçu de lui-même. C'est sympathique, c'est frais. N'oublions pas Susie, jeune Emo avant l'heure, qui parle avec un délicieux accent français et professe que se noyer est la meilleure façon de mourir. Yikes !
De l'autre côté nous avons les riches dont les seuls personnages marquants sont les Debbie : Une clique de six filles identiques, des barbies blondes à la plastique parfaite, écervelées et cruelles. L'auteur de cette série doit avoir de sérieux griefs...
Toute la série se base sur l'opposition Vallée-Collines (La ville s'appelle quand même Hill Valley) : Les habitants de la vallée sont pauvres, sales et moches, les habitants des Collines sont riches, propres et beaux. Si on devait expliquer l'échec de la série, ce serait dans cette opposition bien trop forte et sans la moindre subtilité : Les riches ne se remettent jamais en question et leur psychologie est bien trop surréaliste ce qui empêche de leur donner le moindre crédit. Les oppositions sont amenées de façon trop balourdes : Dans un épisode, Helga, en voulant récupérer un collier appartenant à une Debbie, se coince dans une bouche d'égout et bloque l'accès à l'eau pour les pauvres. Les riches tentent alors le tout pour le tout afin de sauver... Le collier. Et ils laissent Helga dans l'égout. Certes c'est drôle - on rigole tant la situation est prise au sérieux, JT et hélicoptère à l'appui - cependant c'est très prévisible et surtout trop poussé. De même les habitants de la vallée pourraient prendre les armes et dire à ces connards de riches qui les traitent ostensiblement comme du caca (Tellement ostensiblement qu'ils n'hésitent pas à le leur dire en face) d'aller se faire mettre, mais non, ils prennent tout avec une débonnaire condescendance. Si certes, cela participe à l'humour de situation, ça n'en est pas moins frustrant surtout quand cela s'étend sur treize épisodes. Et à aucun moment aucune agression n'est proférée par les pauvres contre les odieux riches.
A côté de cela, la série tire toute sa force des dialogues qui sont magistraux. Les répliques sont un délice, notamment de la part du père qui est sûrement le plus à plaindre. N'avoir ni bras ni jambes et travailler comme encapsuleur de bouteilles de poison, n'est-ce pas tragique ? Et pourtant il est sûrement celui qui aime le plus la vie dans le tas, distribuant bons conseils et répandant son honnêteté partout autour. D'ailleurs bien que n'ayant ni bras ni jambes, Bob Oblong est une sex-machine qui fait très souvent l'amour à sa femme. Un gag très drôle dans un épisode montre le couple profitant d'une "Soirée Luciole" pour se débarrasser des chiards et aller "le faire" dans toutes les pièces. Ils sont cependant découverts par les jumeaux siamois, et le dialogue qui les oppose le lendemain au repas familial est de l'or en barres :
(Bob) : Vous étiez dans les Collines, hier soir ?
(Jumeaux) : A notre grand regret, et comme vous devriez le savoir, NON !
(Pickles) : Vous auriez quand même pu frapper à la porte !
(Jumeaux) : De la cuisine ?!
(Pickles) : Laissez tomber !
La série a un ton suffisamment caustique pour que ce genre de situation totalement ubuesque passe comme une lettre à la poste. Les dialogues sont la clé de voûte, sans eux tout s'écroule, car le visuel est très dépouillé, avec une nette tendance au rachitisme notamment dans la poitrine des femmes qui ressemblent ni à plus ni à moins qu'à des haricots. L'animation est de surcroît très fluide, elle accentue le côté dérangeant de personnages déjà assez étranges comme cela.
La série trouve son inspiration dans un livre d'images, "Creepy Susie et 13 autres contes tragiques pour enfants perturbés". Malgré son ancienneté et l'oubli dont elle semble faire l'épreuve, de nouveaux épisodes auraient été annoncés par le créateur lui-même, Angus Oblong. Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que The Oblongs reste ce genre de série orpheline qu'on découvre par pure curiosité et qui vous laisse à la fin ce petit goût amer, quand vous vous apercevez que la dernière réplique de cette charmante virée à Hill Valley n'est autre que "I'll vote for him again !" Peut-être un appel du pied pour une saison supplémentaire. Paradoxalement un peu trop subtil...
Lost, présentation
(Ecrit avant la fin de la série)
L'oeuvre est une personne (morale) à mon sens : Vous pouvez avoir un rapport archi conflictuel avec elle, éprouver des dissensions rédhibitoires, n'être d'accord sur rien, pour autant vous aimez cette personne du plus profond de votre coeur et ce n'est que quand vous êtes avec elle que vous prenez conscience d'à quel point cette personne est importante pour vous. Lost, c'est exactement ça.
Série fleuve trainant sur déjà plus de 110 épisodes et qui court vers ses 121, Lost est une magnifique épopée entre réalisme et fantastique, une ext
raordinaire quête avec des personnages juste incroyables, un usage habile et puissamment narratif des flashbacks et un suspense génialement orchestré. Lost c'est la série qui pose 300 questions par épisodes et qui répond à trois questions par saisons. Lost c'est l'apprentissage à la dure de la patience, de la frustration, de la résignation. Vous êtes dans une salle d'attente, ça dure des heures ? Pensez à Lost qui vous a fait chier pendant une saison avec un bunker à la con pour au final découvrir quoi ? Un hippie ! Vous attendez le bus, ça dure des heures ? Pensez à Lost qui vous fait passer trois saisons pour que les personnages se barrent de l'île pour finalement entendre "Faut qu'on y retourne" ! Lost, de loin, ça a l'air ultra-chiant mais quand on est dedans, c'est épidermique.
Lost raconte l'histoire d'un crash d'avion sur une île déserte, jusque là rien de bien passionnant. Leurs tentatives pour quitter l'île s'avère infructueuse et il y a un monstre de fumée noire sur l'île ainsi que des habitants hostiles, les Autres, qui ne sont pas Nous donc Autres. Tous ces mystères ont, à la saison 6, trouvé une justification (Sauf les Autres, on se demande exactement qui ils sont, historiques de l'île, alliés de Jacob,
association loi 1901 ?) et on en sait déjà énormément sur l'île, au point qu'elle n'a désormais plus grand mystère pour nous aujourd'hui, hormis peut-être la roue de glace dans l'Orchidée qui reste un gros mystère qu'il semble assez difficile à expliquer. Les nombres ont révélé leur mystère mais ils restent assez énigmatiques quant à leur signification exacte et quant à la réalité du rôle à leur accorder.
Les personnages sont aussi divers que variés, par ordre de préférence : Hurley, un bon gros porto-ricain débonnaire et jovial, qui semble avoir une guigne monstre. Charlie, un rocker raté, joué par un ex-hobbit (L'excellent Dominic Monhagan), Claire, la dévergondée enceinte qui pleure tout le temps et qui a un bébé mais qui ensuite devient folle, Sun, l'épouse coréenne sage et polie de Jin, son mari fils d'un pêcheur et d'une prostipute, Locke aka Mr Propre, personnage hautement mystérieux à la destinée tragique, homme de foi qui vit dans la certitude que l'île est une divinité en laquelle il faut croire, Benjamin Linus qui est un être méprisable au départ pour au final m'avoir bien arraché des larmes (le salaud), Richard Alpert, le mystérieux intendant de Jacob aux yeux cernés de noir, Sawyer l'arnaqueur, Sayid l'irakien débrouillard, et enfin Jack et Kate qui sont chiants.
La série repose sur des thématiques récurrentes entretenues pendant toute la durée des saisons : Opposition Bien/Mal, Noir/Blanc, ironie permanente qui semble poursuivre les personnages, ouverture des saisons par l'ouverture d'un oeil en gros plan, juxtaposition des situations, liens entre les personnages, Destinée contre libre arbitre, Foi contre science, Crimes et Rédemption, 4-8-15-16-23-42... Cela donne une vraie crédibilité à l'oeuvre et un véritable fil conducteur dans une série au rythme de tortue grabataire : Une journée peut durer trois à quatre épisodes - la saison 4 comporte 14 épisodes et s'étend en temps réel sur 9 jours complets plus huit jours dans le dernier épisode de la saison. Tout avance lentement mais dans une logique implacable. Les erreurs de continuité sont rarissimes et il faut vraiment chipoter pour en trouver. Même les flashbacks sont excellement menés et parfois sont aussi voire plus intéressants que l'histoire en temps réel, notamment dans la saison 4 par exemple.
Le fait est aussi que les personnages sont excellents et que notre avis sur eux est très variable. S'il apparait dès le départ que Kate est surexploitée (Ce qui fait que dans la saison 5-6 on n'en a plus rien à battre d'elle), certains personnages comme Sayid gagnent des points épisode après épisode et inspirent respect, sympathie, compassion ou même pitié. Lost, c'est quand même la série où on pleure à chaque mort marquante, personnellement j'en suis à quatre crises : La mort de Boone (S1), la mort de Charlie (S3), la prétendue mort de Jin (S4) et la confession de Ben (S6) et je m'attends à une prochaine sous peu. C'est une série où le rapport avec les personnages tient de l'intime, leur détresse est telle et leurs espoirs nous sont tellement apparents que notre attachement pour eux dépasse le cadre simple du j'aime/J'aime pas. Et j'ai beau détester Kate, si jamais un jour elle devait trépasser à l'écran, je suis sûr que j'en pleurerais tant j'en ai vu sur elle. Et tant, au fond, son histoire me touche autant que celle des autres.
C'est une série vraiment exceptionnelle, qui n'est même pas le genre de série dont on est fan, plus le genre de série avec laquelle on vit, la regarder ne tient pas de l'obligation mais le faire devient une hygiène de vie, et son arrêt sera très, très perturbant à mon endroit. Gageons que la fin de la série soit à la hauteur de tous ces "je veux savoir" qui me tiraillent, moi comme tous les fans de la série. C'est une série unique, qui a révolutionné les autres séries télévisées, qui est unique et qui en cela, marquera forcément le paysage audiovisuel d'une empreinte indélébile.
Soul Eater, présentation
Soul Eater, série sortie par Kurokawa en France, 7 volumes disponibles (Sur 15 au Japon, on risque pas de rattraper la production originale au moins).
Soul Eater est un Shônen très classique qui par ailleurs reprend un thème ultra-abordé dans ceux-ci : Shinigami, Dieu de la mort, forces occultes... Bref rien de bien nouveau de ce côté là. Le manga suit Maka qui rêve de devenir la Mort, et Soul qui rêve de devenir l'arme de la mort, le Death Scythe. Pour ce faire, ils doivent récolter 99 âmes humaines (malfaisantes) et une âme de sorcière. Leur parcours se situe à Death City, dans l'académie de Shibusen qui forme les Meister (Manieurs d'arm
es démoniaques, destinés à devenir des dieux de la mort) et les armes démoniaques qu'ils portent. C'est là toute l'originalité du manga : Les armes des combattants sont des humains aussi, des personnages à part entière, c'est à dire que quand on dit que Soul veut devenir la Faux de la Mort, on entend que Soul EST une Faux, c'est un humain qui peut devenir une faux. D'autres duos sont introduits dès le premier volume : Black Star et Tsubaki, un garçon exubérant et une fille pondérée qui peut se transformer en arme d'un arsenal ninja, ainsi que Death the Kid et les Soeurs Thompson, lui est le fils de la mort, obnubilé par la symétrie, et elles sont d'anciennes délinquantes en réalité couple de pistolets surpuissants. Le tout entouré d'une galerie de personnages secondaires : Shinigami, l'actuel dieu de la mort, le père de Maka qui est la Death Scythe actuelle, Franken Stein le professeur foldingue avec une grosse vis qui lui traverse la tête...
Une comparaison avec d'autres shônen est nécessaire : D'abord le manga possède une qualité littéraire surprenante pour un shônen classique de cette trempe. Pour un peu on se croirait dans Hunter X Hunter, sans pour autant atteindre la verve de Togashi, mais la traduction rend vraiment le manga très l
isible et facile d'accès, et participe à son pouvoir séducteur. Ensuite tout comme dans One Piece, tout s'emboîte très bien, le manga suit une progression très fluide sans détours inutiles ni facilités scénaristiques. On assiste régulièrement à des scènes anodines qui prennent de l'importance par la suite ce qui est très plaisant. Par exemple l'héroïne peut voir les âmes des autres sous la formes de sphères autour d'eux. Quand elle essaie de voir celle du Shinigami, elle n'y parvient pas, et pour cause une double-page nous montre que son âme entoure toute la ville. Ce qui pourrait passer pour une simple démonstration de la force du chef suprême s'avère en fait révéler implicitement que le Maître Shinigami protège la cité de cette manière. De quoi donner des frissons à Naruto qui a attendu 420 chapitres avant de révéler que Konoha était sous la protection d'un bouclier. Jusque là on se demandait comment elle avait pu être envahie aussi facilement...
La comparaison avec Naruto écrase complètement le manga à ninjas attardés puisque les combats de Soul Eater sont excellents et ce dès le premier volume où on est juste absorbé par ces joutes. C'est très bien mené, très clair, les personnages évoluent et dévoilent leur psychologie et ont chacun un style défini qu'ils déploient en combat. Même les ennemis sont très travaillés du point de vue techniques et personnalité. Et surtout les combats ont un sens, ils mènent à quelque chose, la psychologie évolue, il y a des remises en question. De même les relations entre les personnages sont travaillées, et les moments de détente entre les sept amis sont réguliers et agréables à suivre. La relation entre Maka et son père sont également un point apparemment crucial du manga qu'il convient de suivre avec attention.
Au bout de sept volumes le manga me conquiert totalement d'autant que c'est mon premier vrai Shônen occulte (Je sais, j'aurais dû commencer par Death Note). Par ailleurs l'histoire semble prometteuse, les personnages sont bien amenés et intéressants, et le premier grand Arc a été un succès total tant dans l'intrigue que dans les enjeux. L'histoire amorce un nouvel arc prometteur, d'autant que les questions restent nombreuses et que certains points restent peu clairs et inexpliqués.
Bref nouveau coup de coeur (Comme tous les trois mois).
The Middle, présentation
Il est des séries qui portent tellement parfaitement leur nom qu'on se demande parfois si elles n'ont pas été exclusivement créées pour avoir une photo promotionnelle juste à côté dans le dictionnaire ou sur Wikipédia. C'est le cas de The Middle. Si le titre fait platement référence au fait que l'action se déroule en rase campagne perdue "In the middle of nowhere", la série est au milieu de tout.
Elle n'est en effet ni bonne ni mauvaise : Là où il était tout à fait prévisible de voir que The Big Bang Theory, Desperate Housewives, House ou les déclinaisons des Experts allaient devenir des hits, on sait dès le premier épisode
de The Middle qu'on a affaire à un "petit truc sans prétention" sans pour autant lapider ce qu'on regarde parce qu'on y voir des trucs pas mal. The Middle n'est ni originale ni plagiaire : Elle ressemble à Malcolm in the Middle sans pour autant y ressembler, en effet aucun personnage n'a la force d'un Hal ou d'un Dewey.
The Middle est également très inégale sur plusieurs plans. Si on peut reconnaître l'ingéniosité relative des scénarios (Dans un épisode entier la maison où se déroule la série n'a pas de porte de devant), on ne peut que déplorer épisode après épisode que la mère ait été choisie comme personnage principal étant donné son potentiel très limité, d'autant plus quand on voit celui, très inexploité, de son collègue qui est d'une drôlerie photographique (Chaque scène est mémorable) et de son patron typique du personnage qu'on aime détester. Si la mère était un personnage secondaire elle serait parfaite, en l'occurrence l'entendre narrer chaque épisode est à la fois une bonne chose (Vu qu'ainsi ce n'est pas un personnage fort qui donne le ton) et une mauvaise (Car du coup elle aura forcément une grande part dans l'épisode). Or c'est une évidence, le métier de vendeur de voiture n'est pas excessivement comique. Surtout q
uand de toute évidence elle n'y connait rien et semble apprendre le métier sur le tard. Résultat on se sent plus mal pour elle qu'autre chose, surtout dans ses problèmes de fric qui n'en finissent pas et qui là encore sont très lourds.
Le père présente une caractéristique inédite en cela qu'il est indescriptible, il n'a pas de lubies, de manie, de crasse, bref c'est l'homme parfait. A la limite ça fait son originalité, et ça permet d'explorer ses rapports avec les enfants, là encore c'est sympathique. Les enfants à l'inverse sont des personnages bien dessinés, intéressants et drôles, ce qui contraste énormément avec les parents. C'est d'autant plus notable que je connais les prénoms des enfants et pas ceux des parents.
On a donc le grand frère Axel (Axl ?) qui évolue de façon assez intéressante, ni trop favorable ni pas assez, et qui s'avère assez attachant et assez bon "grand fils ado chiant". Il passe ses journées à la maison en caleçon et joue au foot ce qui donne une idée de son niveau général, néanmoins c'est un formidable "jouteur" tant ses confrontations avec son père par exemple sont énormes - un point qui devrait être plus exploité par la suite.
La fille, Sue, est un apport comique extraordinaire de part sa maladresse extrême, un point assez peu exploité en séries mais qui en l'occurrence ici est magnifiquement déployé dans toutes ses extensions, et la motivation sans faille dont elle fait preuve améliore le comique des situations. L'épisode où elle se démène pour participer à un voyage est certainement l'un des plus énormes de la série.
Enfin le petit frère, Brick, est un adorable petit bonhomme très intelligent, qui lit beaucoup (même dans l'eau), qui parle à son sac (C'est ambigu, il se parle à lui-même plus ou moins) et qui est asocial au possible (Dans un épisode épique, il a une petite copine !!) et surtout d'une sincérité hallucinante : Ainsi il ne mentira pas aux services sociaux qui menaceront de l'emmener avec ses frères et soeurs et fera passer un banal jet de bière sur son bras pour une attaque parentale domestique (Fameuse). C'est un très bon élément de la série même s'il est surréaliste.
La série débute et a mis du temps à trouver ses marques mais au vu de la qualité des épisodes 6, 7 et 8, annoncée par un épisode 5 assez touchant, elle semble prendre ses marques et sortir de sa "Middle-itude", même s'il est difficile de la faire visionner à quelqu'un d'autre. Personnellement je l'ai découverte grâce à un article de blog et j'ai relativement persévéré pour la suivre. Mais comme son nom l'indique, The Middle n'a rien de proprement accrocheur, c'est le milieu, c'est lisse, ni creux ni pointu. Si comme moi on se laisse tenter par n'importe quoi, ça passe, mais si cette série est une bonne distraction, elle n'a pas de spécificité qui la rende vraiment tentante. J'avoue être assez curieux de savoir quelle chaîne va acheter ce produit précis en France, car malheureusement The Middle est une sitcom amusante mais banale, et elle a le fort mauvais goût de ne pas être allemande...
How I met your Mother, présentation
Je n'ai pas rencontré la mère de beaucoup de mes amis, mais à chaque fois je suis étonné d'à quel point celle-ci ressemble à l'ami en question. Et assez étonnamment je suis presque capable de me remémorer de ces premières rencontres, moi qui ait pourtant une mémoire en pâte à sel. How I met your mother raconte donc l'histoire d'un homme qui explique à ses enfants comment il a rencontré leur mère. Cela lui prendra une centaine d'épisodes durant lesquels on verra le père avec ses enfants sans jamais voir la mère en question qui doit être soit très moche et vivre dans la cave, soit se trouver à côté du mari et être muette. Ou alors c'est la femme invisible.
En effet je pense que pour apprécier cette série sur le long terme il faut vite laisser de côté cette question et s'intéresser à ce que cette série nous propose, sinon je suppose qu'on n'a pas fini. Bref. How I met your mother nous présente cinq personnages fort intéressants, à l'aube de la trentaine donc de la grande révolution, de ce passage entre l'âge adolescent-foufou-fiesta au passage mariage-enfants-ons'faitchier. Il y a d'abord Ted Mosby qui - il faut le dire quand même - est super mignon. Célibataire chronique, il est à la recherche du grand amour. C'est encore un grand enfant qui a des difficultés à passer à l'âge adulte (Comme en témoigne l'épisode 4 de la saison 1 qui est pour moi très révélateur du personnage). A ses côtés ses amis de toujours, Marshall Eriksen, tout aussi gamin, mais fiancé avec Lily Aldrin, sa moitié, tout aussi fofolle. Tous deux tentent de passer de force à l'âge adulte malgré leurs caractères résolument portés vers la fête et l'action. A côté de cela on a l'ultra-libéré Barney Stinson, grand porte-étendard du costard et séducteur professionnel (C'est à dire qu'il en a presque fait un art que lui seul sait pratiquer) qui lui est coincé dans une sorte d'entre-deux salutaire, étant incapable de trouver ses marques dans l'âge adulte ou l'âg
e adolescent. Et à côté de ça on a Robin Scherbatsky qui outre un nom à coucher dehors, a aussi eu l'honneur d'être un gros coup de foudre pour Ted. Elle représente également un oeil extérieur intéressant étant donné qu'elle tente de trouver un modèle en chacun des quatre autres qu'elle a rejoint en cours de route.
Avant de commencer la série je me suis posé la question entre la VO et la VF. Je dois admettre que si la VF est très valable et qu'il y a eu pire en matière de sitcom, certaines choses ne transparaissent pas en VF et c'est dommage. Par exemple Robin a une voix très chaleureuse en VO alors qu'en VF elle a la voix classique de brune tarte. De même la plupart des répliques de Barney perdent largement de leur mordant. De fait la VO s'impose pour cette série.
De même une comparaison apparait inévitable avec d'autres sitcom comme Mon Oncle Charlie et The Big Bang Theory voire Friends. Cependant si la première joue tout sur des personnages à répliques en évitant à tout prix les développements sérieux (Ce qui est relativement insupportable), si la seconde joue énormément sur des accords de personnages et sur un humour de genre (Ce qui est très convenable sur la durée) et si la dernière ne m'a jamais parue très distrayante (Et surtout c'est typiquement le genre de série où au bout de 4 épisodes je n'arrive plus à différencier les personnages féminins les uns des autres tant elles sont castées dans le même moule), ici avec How I met your mother on a du développement de personnage, un humour très varié et très convivial d'où l'on est jamais exclu (Défaut pouvant survenir avec Big Bang) et surtout nombre de rires de fort bon aloi, la série devenant drôle par elle-même parfois même sans se forcer au bout de cinq-six épisodes.
Je dois avouer que mon attachement pour les personnages est varié et graduel. Si je suis volontiers les démélés très bien développés de Lily et Marshall qui vont magnifiquement ensemble, j'apprécie aussi de suivre l'intégration de Robin même si celle-ci m'apparaît un peu trop coincée du cul pour le moment, mais également l'amitié entre Barney et Ted qui m'apparaît vraiment comme un point fondamental de la série. J'ai adoré cet épisode où ils vont à Philadelphie en avion grâce au super plan de Barney avec les valises, parce que Ted est tout simplement incapable jusqu'à la fin de réaliser que grâce à Barney il profite de la vie, fait des expériences et finalement en ressort grandi quoi qu'il arrive. Barney, sous ses airs excentriques, se contente tout simplement de lui bouger son cul au Ted. Et cette conception de l'amitié m'est apparue très sympa à observer. On voit d'ailleurs que Marshall qui a compris que l'aventure serait au rendez-vous se précipite pour les rejoindre malgré son taf - laissant d'ailleurs Lily sa fiancée, aux prises avec un dilemme moral concernant son potentiel de séduction en tant que femme fiancée. Bref la série est pleine de moments adorables comme ça, sans que pourtant les scénarios ne soient très poussés - et c'est ça qui est bien, les intrigues par épisodes ne sont pas extraordinairement compliquées, ça peut se résumer à une suite de conversations au bar ou a un seul évènement qui entraine plusieurs autres conséquences - C'est d'autant plus distrayant que ça ne prend pas la tête. Je retiens notamment l'épisode 15 qui en plus de nous expliquer précisément comment Barney est né, a le don de nous montrer que ce personnage est décidément inusable.
Les autres ne sont pas en reste. Si Ted est régulièrement pitoyable, il n'en demeure pas moins attachant au vu de sa personnalité simple de jeune homme de son époque. Marshall et Lily sont sympathiques mais Lily est beaucoup plus drôle et attachante que lui qui reste néanmoins un bon personnage. Robin souffre de la comparaison avec Lily mais il faut avouer que les deux premiers épisodes aident à s'attacher à elle assez durablement. A l'inverse Barney s'impose petit à petit comme un élément comique dantesque (Suivi de près par Lily quand même) qui à lui seul justifie le visionnage d'un épisode. Vous êtes là, vous vous dites "How I met... bof pas auj... ah si attends y'a Barney" - ça marche à tous les coups.
Bref une très bonne sitcom, une très bonne surprise. J'ai mis du temps à la commencer mais finalement ça valait le coup. Une série intéressante qui je pense (J'espère surtout) gagne énormément sur la durée grâce à son humour basé sur l'aspect temporel de la situation (Un type qui raconte trente ans plus tard) et grâce au très bon rendu des relations entre personnages, personnages eux-mêmes assez excellents pour intéresser assez le temps d'un épisode. Petit coup de cœur du mois de novembre 2009 pour une série sortie en 2005 (Je suis de l'après-garde)
One Piece, présentation
En termes de mangas on admet une référence ultime comme étant la référence, base de tous les clichés, succès mondial : Dragon Ball. En terme de qualité, peu de mangas ont réussi à faire la même chose. Toriyama a réussi la perfection : 42 volumes, un anime irréprochable, une histoire qui sait ce qu'elle vaut et qui n'essaie pas de pisser plus loin. Toriyama donna lieu à de nombreux émules/élèves/fans qui suivirent ses leçons. L'un d'entre eux donna naissance à un manga qui s'il n'approche pas la perfection, la frôle et la taquine dangereusement. Au point que je cherche à acheter la collection complète sur eBay après l'avoir lu par scantrad téléchargées illégalement, c'est quand même de la grosse perfection en boîte.
One Piece commence comme tout manga qui se respecte par introduire dans un chapitre plus-long-que-la-normale son personnage principal : Luffy. Luffy n'a aucun charisme, il est moche et plat, sans relief autre que la naïveté typique du héros de manga qui pense comme un enfant de 6 ans. Luffy rêve de devenir le seigneur des pirates, le grand magnat des océans, destiné à récupérer le "One Piece", le trésor de Gol D. Roger. Un jour, au contact de Shanks le Roux, il mange un fruit du démon : Le fruit du caoutchoutier, qui lui donne alors la consistance du caoutchouc. Mais surtout gros désavantage : Luffy ne peut plus nager. Le fait de distribuer des mandales élastiques étant vachement plus marrant, Luffy s'en moque : Il sera un pirate élastique qui ne nage pas. Il part quelques années plus tard en barque afin de devenir pirate. Et de là commence une aventure qui au premier abord peut paraître banale mais qui en fait va s'avérer d'une richesse effarante.
C'est bien simple je crois n'avoir jamais ô grand jamais lu, vu, regardé, eu la connaissance d'une œuvre aussi riche, aussi épique, aussi bien construite. C'est simple tous les éléments sont réutilisés, les personnages reviennent, on doit en être à une centaine de pers
onnages principaux... Ca ne tourne pas en rond au bout de 560 chapitres, c'est toujours aussi passionnant, prenant, épique, furieux... C'est quand même incroyable que les trois quarts des personnages introduits au volume 1 sont encore présents au volume 50 (Baggy le Clown par exemple qui est un vrai "survivor" du manga - et un personnage extraordinaire). Le pire c'est qu'on gère très bien ces personnages. On apprécie de revoir Smoker, on attend l'entrée en scène plus ample de Donquichotte Doflamingo, on est féru de savoir ce qui arrive à Baroque Works ou au CP9... C'est tout un univers qu'on aime voir bouger. Chaque chapitre est un véritable épisode de série TV et nécessiterait une review chacun tant il s'y passe de choses. Le dessin est parfois confus mais jamais incompréhensible.
L'auteur est passé maître dans les impressionnantes Double-pages remplies de détails. Le chara design est parfois surprenant mais jamais embarrassant. On aime voir ces personnages évoluer parce qu'ils évoluent bien. Et même si c'est un shônen avec des combats toutes les trente secondes, l'univers est tellement bien rendu et crédible que ça en devient jouissif même de suivre les passages narratifs - car de plus le manga a une qualité littéraire ébouriffante. Les textes recèlent de détails, les dialogues sont magnifiquement orchestrés, chaque personnage manie un registre précis (Chopper parle de façon plus enfantine que Sanji par exemple, Zorro est plus sérieux que Pipo, Luffy et Robin ne sont clairement pas du même niveau intellectuel, Brook est moins rustre que Franky... encore que.) et la mécanique fonctionne à merveille. Même si le cast principal a fini par grimper à neuf personnages, ceux-ci s'accordent parfaitement et désormais forment un équipage cohérent... Avec un homme-renne et un squelette vivant amateur de petites culottes, bon.
Les personnages du cast sont aussi divers que variés : Zoro, le bretteur et premier "Nakama" (membre d'équip
age/Camarade) de Luffy, Nami la voleuse, Pipo le gros lâche en puissance, Sanji le cuistot séducteur, Chopper l'homme-renne médecin naïf et bourré de bonnes intentions, Robin l'historienne tantôt ennemie de l'équipage, Franky la grosse brute en slip et Brook, le squelette musicien. Ensemble ils naviguent sur les flots pour vivre mille aventures. Evidemment sinon ce ne serait pas drôle, chacun est un combattant émérite.
L'autre avantage de One Piece c'est aussi son humour. C'est un manga drôle, même si l'humour est typique du potache japonais habituel (Yeux ronds, gueules de cent pieds, sueur exagérée) on assiste parfois à de grands moments qui ne sont dûs qu'aux personnalités de chacun. Même dans les pires moments, les personnages continuent à déconner. Je retiens l'affligeante tentative de "Méga Robot" lors du combat contre le zombie géant, et la réponse affligée de Robin : "Non, c'est trop ridicule ! Ne refaites plus JAMAIS ça !!". Robin d'ailleurs a son propre humour (foncièrement noir et grinçant - elle s'interroge à un moment de savoir à quel point la mort de Sanji serait intéressante...) et tout comme les autres personnages a une histoire.
Et c'est là qu'on découvre le talent d'excellence d'Eiichiro Oda : Il excelle pour raconter les passés, les histoires, les douleurs de ses personnages avec une charmante impudeur. Zorro, pourtant bourrin en second typique, a une histoire déchirante mais qui explique toute sa détermination. Et on apprécie énormément de le voir s'en souvenir à de nombreux moments clés du manga, notamment face à l'effectivement troublante Tashigi. De même, Nami a de quoi vous foutre les larmes aux yeux. Sanji, en plus d'être particulièrement classe comme personnage, est aussi parmi les plus attachants avec son histoire très symbolique mais toute en finesse. Chopper est un tire-les-larmes à lui tout seul, certes amusant au présent mais terriblement touchant par son passé. Je trouve d'ailleurs qu'étonnament c'est le personnage le plus humain de caractère bien qu'il soit le plus inhumain d'apparence. Même Pipo a une histoire relativement sombre et triste malgré son rôle d'élément comique. Robin, no comment c'est tout simplement un crève-coeur, un long flashback lui est consacré et s'avère poignant, on ne peut qu'aimer cette femme après cela. De même Franky, sous ses apparences bourru, a tout de même une histoire à la fois ancrée dans l'intrigue générale et particulièrement tragique. Le dernier recruté, Brook, a de quoi tirer des seaux de larmes, il a vraiment la palme de l'histoire bouleversante, d'autant qu'elle a trait à la trame narrative de la série, et que forcément on se sent touché personnellement.
One Piece, c'est quand même le manga ou tu pleures pour un bateau. Et ça c'est fort.
C'est un manga qui transporte celui qui le lit au rythme des flots de son univers. C'est un manga prenant, d'autant plus prenant que l'auteur ne passe pas par la facilité, il décrit bien le parcours des personnages, ne les fait pas arriver facilement d'un lieu à l'autre (C'est un manga de voyage après tout) mais décrit bien leur cheminement, leurs difficultés même les plus minimes. Les ellipses sont rarissimes ce qui n'est pas un défaut loin de là : Même si on a parfois l'impression que ça traine en longueur, ça reste passionnant, complet - c'est vraiment le mot, on a le sentiment de lire une œuvre "complète" au sens large du terme - chaque story-arc va très profondément dans le sujet qu'il aborde, on rencontre de nouveaux personnages, on fait leur connaissance, on les aborde, on les connait, ou on apprend à les connaître différemment, à les apprécier, à les voir changer de camp... L'auteur va toujours plus loin, toujours plus fort, et ne fait pas dans la dentelle - c'est tant mieux car les développements sont toujours plus ramifiés et passionnants - et ne cède à aucune simplicité - On l'a vu avec l'arc d'Enies Lobby où les héros mettent des plombes à arriver jusqu'à Robin. Tout dans ce manga est exagéré mais dosé, c'est à dire que certes, il mettent trois plombes à y arriver, mais ils y arrivent, et dans le détail on vous explique comment, pourquoi, avec quels moyens, quelle utilité dans l'histoire tel ou tel élément avait, quelle relation s'est créée entre tel ou tel personnage, quelle connexion lie tel personnage à tel lieu ou à tel autre personnage... Dans tout ce fourbi, qui plus est, les erreurs de continuité sont inexistantes. Et c'est un vrai plaisir de suivre tout ça parce que d'un point de vue narratif, c'est magnifiquement bien raconté dans une ambiance tout bonnement prenante. L'action fait du non-stop complet, elle ne s'arrête jamais, et chaque nouvel arc ou histoire qui commence accapare toute notre attention. C'est juste tellement bien fait qu'on se prend au jeu.
C'est un manga qui ne déçoit pas ou peu - j'avoue avoir été un peu déçu par l'arc de l'île du ciel, c'était juste un peu too much pour moi - et qui a le don de présenter des personnages charismatiques, des histoires intéressantes et une vraie dimension épique. Le moindre déplacement des personnages donne lieu à un tel déchaînement d'évènements que ça en devient juste jouissif de les voir maintenant en mini-aventures de couverture. On y est juste tellement attaché qu'on en vient à développer des obsessions pour eux. C'est un excellent manga et j'ai hâte de tenir les volumes papier entre mes mains.
Nurse Jackie, Présentation
Depuis Urgences, les séries médicales font légion dans le coeur du consommateur de séries. Docteur Grincheux, Urgence PQ, Dr Quinn femme cosmopolite, Grey's Sodomy etc. Peu de séries se sont vraiment penchées sur les infirmières. Il faut dire que la pénibilité du métier et son caractère rébarbatif sont assez peu glamour. Et évidemment si un personnage ne baise pas tout ce qui passe, il n'est pas bon. Avec Nurse Jackie, on a un alléchant compromis entre Dureté du métier, Saute-moi j'ai des nichons et Soupe au poulet.
Je ne peux pas résumer la série car le seul pilote m'a vu attendri tout le long, puis au final m'a f
ait pousser un "
;HAN LA SALOPE !!!" retentissant, qui m'a totalement convaincu de suivre cette série. Et me faire suivre une série rien qu'avec un pilote c'est assez puissant quoi.
Le cast est excellent et tous les personnages ont leur place. J'adore la patronne de Jackie, Gloria Akalitus, une black castratrice que Jackie respecte avec néanmoins une touche de "va chier salope" assez sympa (J'adore comme la vieille juive l'envoie chier en l'insultant en Yiddish dans l'épisode 3). Dommage qu'elle ne soit que guest star. Les collègues de Jackie sont super, avec notamment Coop, le médecin bellâtre complètement con qui est tout simplement tordant et... sombrement réaliste. Momo, l'infirmier gay est tordant dans son expressivité et sa complicité avec Jackie, Eddie est une espèce de gros lourdu (Et je ne vois pas trop ce que Jackie lui trouve). Zoé, l'aspirante qui suit Jackie, mériterait un Emmy rien que pour son incroyable, crédible et surprenante prestation en tant que débutante hyper embarrassée au milieu des grands docteurs impressionnants. J'ai hâte qu'elle ouvre sa gueule, ça va être mythique.
Et que dire d'Eleanor O'Hara, jouée par la superbe Eve Best, qui est d'un cynisme génial, la meilleure amie de l'héroïne et une sacrée blagueuse. Bref tout le cast est à tomber. Showtime a vraiment bien joué son coup. O
n leur doit Dexter, gage de qualité.
Le personnage éponyme, Jackie Payton, est superbement jouée par Edie Falco (Les Soprano), un personnage haut en couleur qui jongle entre une vie personnelle compliquée, une douleur chronique au dos et des collègues d'une connerie monstre. On oublie trop souvent (Et je confirme) que les médecins ne soignent pas les patients, ils émettent un diagnostic. Ce sont les infirmières qui nous soignent. Et c'est terriblement bien rendu dans cette série. A un moment Jackie sort à Zoé cette phrase terrible :
"Ton rôle c'est d'accompagner ces gens pendant le pire jour de leur vie. Alors prends les devants !"
C'est diablement pas faux. Et l'alchimie maternaliste entre les deux personnages fonctionne à merveille. Jackie fait sa loi, Zoé subit mais ne rompt pas, Coop gesticule mais au final c'est la Jackie qui a le dernier mot (Terrible dans l'épisode 2 : Elle doit ADMETTRE qu'il a eu raison !), Eleanor compte les points et au final nous aide à voir la vraie femme derrière le robot infirmière, Momo montre la femme sensible... Tout roule très bien. Et même si on déteste un peu Jackie pour certains de ses actes, on ne peut s'empêcher de la trouver sacrément forte, cette bonne femme.
A poursuivre donc. Au bout de trois épisodes je suis toujours grandement emballé.
Naruto, présentation
Le Shonen Manga est un univers aux codes extrêmement rigides. Les garçons sont forcément d'une importance et d'une force conséquente, les personnages sont d'une puissance incroyable, le héros est forcément à mille lieues des autres qui sont des rats rampants mis en valeur pour mettre le héros en valeur. Les femmes sont tout juste bonnes à faire des enfants et à rester dans l'ombre des hommes Un jour, un auteur de mangas décida de populariser le mythe Ninja en créant Naruto, manga qui va non seulement reprendre les codes classiques du shônen mais en plus être empreint, peu à peu, d'un consumérisme incroyable et foutre en l'air tout ce qu'il avait de bien au départ. lt;br />
Naruto se divise en deux parties, la saison 1, qui a été parfaitement scénarisée, mise en place, avec des techniques spéciales saupoudrées, une vraie "personnalisation" de l'univers Ninja. On sent presque l'odeur et le goût du sang dans ces premiers volumes. Bien qu'évidemment le premier chapitre puisse faire gamin (L'enfant rejeté par tout le monde qui a un démon en lui bla bla bla) Mais il faut admettre que le réalisme et l'absence totale de retenue ou de pudeur dans l'histoire du jeune Naruto rend l'ensemble vivant et intéressant. Le personnage est vraiment crédible dans ses actes, dans ses interactions. Et ça fait plaisir de voir des adolescents combattre avec des kunai ou des shurikens.
Côté personnages secondaires, on a le très intéressant mais vite barbant Sasuke, la très intéressante mais complètement sous-exploitée Sakura (Syndrome de l'héroïne de Shonen qui n'est là que pour faire la pom-pom girl ou pour alimenter les sites de hentai ou même pour éviter qu'on pense que les héros soient gay - on notera que le premier baiser de Naruto est cependant Sasuke et réciproquement), le très intéressant et très bien exploité Kakashi Hatake, sûrement le meilleur personnage du manga. Ces personnages instaureront dès les premiers volumes une ambiance noire, sombre, poignante, émouvante même (La fin du volume 3 c'est quand même l'un des plus grands cliffhangers de l'histoire du manga... avec peut-être le volume 18 de Hunter X Hunter mais elle va plus haut dans le macabre).
La première partie se divise en quatre Story Arcs distincts : Le départ avec la première mission surclassée, un arc particulièrement intéressant, technique, bien orchestré. L'auteur révèle un grand talent pour captiver son spectateur. Les techniques sont bien expliquées, crédibles dans un univers Ninja normal, tout fonctionne à merveille et Zabuza est ET RESTERA le meilleur adversaire de Kakashi dans le manga.
Ensuite on a le long mais passionnant Examen de Moyenne Classe qui donne lieu à des confrontations dantesques (Notamment la fabuleuse Sasuke vs Orochimaru dans la forêt) ainsi qu'à l'introduction de neuf nouveaux personnages récurrents dans le manga (Les neuf en même temps ce qui est quand même un exploit), ce qui fera naître en moi une vibrante passion dans le manga grâce au sublime personnage de Shikamaru Nara. Et donnera lieu au meilleur combat qui soit, le combat qui achève le volume 12 entre Shikamaru et Temari, tout simplement l'impensable en seulement deux chapitres de 16 pages.
Ensuite on a un conflit politico-monstro-séculaire avec l'attaque sur le village de Konoha, très très bien faite, sans aucune exagération ni fioriture.
Un "entre-arc" pour trouver le troisième Sennin Tsunade s'avèrera aussi passionnant que crédible et prenant. La fin du volume 18 et le début du volume 19 sont parmi les plus belles scènes du manga et le combat qui prend place dans le volume 19 est un des plus prenant et les plus révélateurs du caractère du personnage principal.
Enfin la dernière mission restera l'arc représentant le mieux l'évolution de la série, une pleine maturation, une véritable perfection.
Franchement, côté scénaristique, si ça n'échappe pas aux classiques Tournoi-Powerup impromptu-brun/blond aux cheveux hirsutes, c'est rondement mené. De même, tous les entrainements sont des séquences loin d'être ennuyeuses. Bien que le potentiel littéraire du manga soit moindre comparé à Hunter X Hunter, on observera certains longs dialogues absolument savoureux. En fait tout ce qui agrémente l'univers ninja est succulent. On sentait que l'auteur allait se diriger vers quelque chose de plus didactique, plus solennel, plus noir.
Eh bien la saison 2 a donné un grand tort à ces espoirs que j'avais. Et à ce que je crois voir sur les forums de fans, c'est pareil.
C'est à dire que la partie 2 commence bien - L'auteur consent à mettre en lumière le personnage de Sakura. On a une histoire de politique étrangère avec le village du sable, particulièrement bonne.
Et puis ensuite on a le désastreux arc à la poursuite de Sasuke. C'est à dire une trentaine de chapitres inutiles ou on introduit deux nouveaux personnages aussi vides que des gants de toilettes et inutiles, ou il ne se passe rien - Ah si un combat entre un Naruto dopé au démon renard et un vieux ninja fou qui.... fait n'importe quoi avec son corps... A part ça cet "arc" ne sert qu'à deux choses : montrer que dans les trois ans qui séparent la part 1 de la part 2, Naruto n'a rien appris, n'a pas grandi, n'a pas maturé d'un poil de cul, il est inutile, plat, adolescent, et plus incroyable encore, il faudra attendre le chapitre 430 et quelques pour le voir impliqué dans un combat mettant en scène cet inconnu qu'est son cerveau.
L'autre but c'est de faire apparaître Sasuke qui expose maintenant ses pectoraux d'anorexique, mais qui surtout est COOL et OVER UBER TOTAL POWERFUL. En vingt chapitres il va tuer son maître, un des membres de l'invincible pas si invincible que ça voire même nulle à chier Akatsuki et son frère. Frère dont on découvrira d'ailleurs qu'il a tué toute sa famille pour protéger son frère. Bien sur. Encore que je préfère ça à la révélation que Tobi le gogol c'est en réalité Madara Uchiwa.
FAN SERVICE !!!!! Ou comment tuer un manga bien parti ! Bordel de merde !! J'ai lu ça dans des dizaines de fanfics, dans des hypothèses de fans, dans des supputations de fans ! Tobi = Madara, Itachi qui protège son brother chéri en tuant sa famille... Mais quelle niaiserie, quelle inconsistance, quel gachis !! Tout ça parce que les gens de la Jump mangas ont pressé le citron de Kishimoto pour qu'il mette Sasuke en valeur ! (Merci l'arc inutile de retrouver Sasuke, ils ont dû penser qu'ils allaient perdre de l'audience avec ces épisodes inutiles... Ce qui n'est théoriquement pas faux mais de là à forcer l'auteur à faire des chapitres avec Sasuke ki tue tout le monde. Si encore un scénario enroberait tout ça...
Heureusement on a les combats Shikamaru vs Hidan (Précédés par la terrible mort d'Asuma Sarutobi), le combat Kakashi - Chôji - Ino contre Kakuzu (Car à l'arrivée de Naruto ça devient "Je vais te tuer en une technique" - et effectivement ô surprise c'est qu'est-ce qu'il se passe !), le terrible combat entre Jiraya et Pein qui retrouve des accents du début du manga et s'achève tragiquement, ainsi que le très bon combat entre Naruto et Pein qui retrouve des accents stratégiques du début du manga - du moins jusqu'à la transformation de Naruto en Uber Renard - mais la suite est vraiment une surprise excellente avec le revirement politico-pacifiste de Naruto.
Parce que d'année en année, le manga perd de plus en plus l'aspect ninja. Certains combats ressemblent à des combats de DBZ, des déchainements de pouvoirs sans intérêt ni but. Malgré de nouveaux personnages intéressants du côté Sasuke avec sa nouvelle "team" qui est magnifiquement exploitée et menée, on sent un gros relâchement du côté Ninja. Certains combats sont dénués de tout élément en rapport avec l'univers en question, on se demande parfois si le fanatisme de l'auteur pour DBZ ne joue pas en sa défaveur.
Bref la partie 2 diverge grandement de la première par un scénario largement moins bien mené, l'auteur part dans des directions sans interêt ou sans saveur, se conforte à la loi des audiences et des majors, c'est tout simplement honteux, heureusement que certains passages laissent encore à penser que ce manga vaut le coup d'être lus, parce que le seul chapitre 364 a bien failli me faire arrêter tellement c'était navrant.
Mais bon, c'est chapitre 445, je suis toujours là.... à suivre quoi.
Six Feet Under, présentation
Savez vous d'ou vient l'expression "Six pieds sous terre" ? Tout simplement parce que six pieds c'est la profondeur à laquelle, traditionnellement, on enterre les morts. La mort, ce sujet brûlant qui concerne 100% de la population de la planète. Nous n'y échapperons pas, nous n'en reviendrons pas, c'est comme ça, et c'est loin d'être facile à accepter.
Si vous demandez à un fan de Six Feet Under sur la série, il va vous sortir une bondieuserie de prophète du genre "Cette série a changé ma vie" "Regarde, tu ne le regretteras pas" "Bouhouhouhou !". La série a des effets aussi dive
rs sur les gens que 2girls1cup, et j'exagère à peine.
J'ai regardé cette série suite à une visite sur le blog très connu de La Sorcière (Cherchez "Blog la sorcière" sur Google) qui avait l'air de porter aux nues cette série, je me suis lancé parce que bon, ça avait l'air de voir le coup d'oeil.
Je suis partagé entre le regret et le bonheur en fait. Le bonheur parce que pendant un mois, j'ai été un Fisher. Le malheur parce que cette série m'a fait sangloter comme une jouvencelle. Il est à signaler également que regarder cette série d'une traite et dans un laps de temps relativement court est fortement déconseillé pour le bien de votre santé mentale.
Présentons les personnages de cette série, car ils le méritent.
D'abord Ruth Fisher, jouée par l'immense Francès Conroy, la matriarche de la famille, la cinquantaine mais néanmoins très active sexuellement, tentant désespérément de souder sa famille qui l'ignore copieusement ou la méprise carrément. Ruth est vieille, usée, inutile, elle le sait, mais elle va se battre pour ne plus l'être. Eh bah si on m'avait dit que j'allais m'attacher à un personnage pareil...
On a ensuite Nathaniel Fisher Jr, 35 ans au début de la série, exaspérant coureur de jupons hétérosexuel, typiquement le mec beauf qui pense avec sa quéquette. Exaspérant, vraiment. En fait
il est surtout exaspérant de normalité et de banalité. Et il se retrouve dans le business Fisher contre son gré, et ça l'énerve.
David Fisher est le fils cadet, 31 ans au début de la série, entrepreneur de pompes funèbres, homosexuel, diacre de sa paroisse, vit encore chez sa maman... Mais est en couple avec un policier black plutôt pas mal. Deux choses étonnantes au sujet du personnage : Sa pâleur cadavérique et le jeu d'acteur très enfantin de Michael C. Hall qui a vraiment une expressivité qui a tout du bébé. Surtout, le personnage a un faux air de coincé du cul alors qu'en fait c'est une bombe de fantaisie ambulante.
Il travaille avec Fédérico Diaz, un mexicain, typique de l'immigré ambitieux qui veut réussir (Donc lourdingue) un personnage ponctuellement intéressant sur la durée mais qui n'accroche plus sur la fin.
La soeur de Nate et David, Claire, est une adolescente rebelle, artiste dans l'âme, qui roule en corbillard vert (La classe). Elle est loin d'être inintéressante, d'autant qu'elle cristallise les relations familiales, en étant à la fois un barrage et une écluse pour celles-ci. Si elle va bien, tout va bien, si elle va mal, c'est la tempête.
La meuf principale de Nate (Oui parce que y'en a plusieurs -_-) est Brenda Chenowith, surement l'un des personnages les plus hilarants de la série, fille de psys, d'un cynisme parfois incroyable, menteuse invétérée, nympho...
Ces tares ambulantes, on a à la fois envie de les aimer et de les tarter (Surtout Nate). La série joue beaucoup sur les morts (De magnifiques mannequins de cire), un par épisode. Parfois simples, parfois atrocement mises en scènes (L'homme coupé en deux par un ascenseur, la femme qui meurt, frappée par son mari et atterrissant l'oeil empalé sur un tisonnier alors qu'elle était en train de refaire sa vie, le vieux diabétique qui se suicide en mangeant une pêche en conserve...), elles touchent toutes à leur manière la famille Fisher (Tous sauf Claire, étonnamment épargnée par la plupart des morts qui passent dans la maison). Tout se joue énormément sur les relations, familiales, amoureuses, amicales - les personnages détestent leurs amis qu'ils trouvent d'une connerie affligeante - mais surtout familiales en fait. Les deux frères sont diamétralement opposés mais se vouent une affection déchirante. La complicité entre Nate, Claire et David, parfois au détriment de Ruth, est franchement touchante. Et on se surprend à aimer voir ce quotidien tout simple sur lequel la mort plane.
Les saisons sont toutes émouvantes. La première et la cinquième sont les seules à s'achever sur une note d'espoir. La fin de la série est tout simplement bouleversante parfaite, sur une musique sublime (Breathe me de Sia, galvaudée aujourd'hui dans cette pub merdique pour Prince of Persia), m'a fait passer une bonne heure à chialer (De bonheur en plus) mais est foutrement magnifique. La série est magnifiquement réalisée, avec infiniment de soin, et les acteurs sont d'une crédibilité bluffante. En plus la VF est de bonne qualité.
Six Feet Under est une série qui, de plus, donne une idée plus fine de la mort. En fait ce qui est important ce n'est pas la mort qu'on aura, c'est la vie qu'on aura avant. C'est la vie des gens après notre mort qui importe. Après la série, on se sent bizarrement résigné pendant un temps. On accepte plus facilement cette idée qu'un jour ce sera notre tour. Cette idée, qui devrait pourtant être primaire, c'est à la vie, aux évènements, et à nos proches de nous l'apprendre. Six Feet Under est une douce brise philosophique qui nous pousse vers cette approche. Cinq saisons de perfection complète, un achèvement. Le début, le quotidien, la mort. Et après...






