Eh bé, eh bé, eh bé.

Qu’est-ce que c’était que cette saison ?

J’ai plusieurs réflexions qui me viennent, là, après avoir visionné le final, genre deux jours après sa diffusion (alors qu’avant je me jetais sur les épisodes comme un enragé).

Je vais essayer d’être clair, je n’ai aucune image donc je vais segmenter cet article suffisamment pour être clair sans être ennuyeux.

(Mais je sais que je vais être ennuyeux)

1 – C’est quoi ces thématiques de merde sur l’ensemble de la saison ?!

Cette saison était incroyablement VIDE de sens. Les thématiques employées étaient d’une trivialité AFFOLANTE.

Les trolls sur Internet. Waouh. Eh bé. Ça, c’est du sujet. Sur dix épisodes ? Ça va être passionnant, je suis sûr qu’on ne va pas s’ennuyer du tout. Spoiler alert : Siiiiii. Parce que y’a rien à dire. Haha, des mecs anonymes font n’importe quoi. CE SCOOP. Développez le sujet sur dix épisodes de 20 minutes. Have Fun.

L’élection présidentielle. Waouh. A part une scène de débat, vous n’avez juste eu RIEN à dire, les gars. Chapeau. Pour UNE FOIS que votre point de vue de libertaires aurait pu être intéressant, et malgré cette géniale scène de débat dans… je sais plus quel épisode, mais je reviendrais sur ce point, vous avez cherché à utiliser cette élection dans votre saison mais c’est ELLE qui vous a utilisé, un autre point sur lequel je reviendrais. Seul point positif : L’usage de Garrison comme Expy de Trump ce qui vous permet, paradoxalement, de l’utiliser correctement sur l’ensemble de la saison. Pire : C’est le seul élément qui BOUGE, qui évolue, qui ne stagne pas autant que les autres personnages. Il devient président, c’est tout, mais c’est déjà mieux que les sept autres personnages impliqués dans la saison.

La nostalgie ambiante, les reboots et la stagnation que cela provoque ? Ah, ça, vous avez réussi à créer un Meme avec les Member Berries. Bravo. Vous avez ri de Star Wars 7. Vous êtes dangereux, les mecs, attention, faut pas vous embêter sur ce genre de sujet super grave. J’suis impressionné. A côté de ça, Mahomet, c’était du pipi de blatte !! ‘member when South Park made 200 and 201 and it was censored and that was hardcore and ballsy ? Huh ?

La guerre hommes-femmes. Ça, c’est un vrai sujet. La dérive dans les rapports hommes-femmes, ce féminisme qui s’aiguise jusqu’à revoir complètement le rapport de séduction, ce machisme de plus en plus contradictoire et obscène qu’habituellement vous moquez avec autant d’autodérision, mais ce sujet, vous l’avez juste SURVOLE, vous en être restés à « Ah, vous voyez, Amy Schummer, elle dit tout le temps « Vagin ». Hey, les gars, Yann Barthès a eu besoin d’UN SEUL reportage de DEUX MINUTES sur la gueuse dans Quotidien (sur un tapis rouge, il me semble) pour analyser le « phénomène » mieux que vous en DIX EPISODES de VINGT MINUTES soit 200 MINUTES que vous avez eu à votre disposition pour traiter QUATRE sujets. Soit (je suis en rogne et quand je suis en rogne je chipote plus qu’à l’accoutumée) 50 minutes par thème. Je charrie, à un moment vous dérivez sur Ghostbusters. Quel thème fédérateur, mes aïeux. Vous le sentez le sujet de société, le fait que le film Ghostbusters ait été refait avec un casting féminin et que c’est trop, trop impactant sur la société en général ? Ouep. Bah c’est évacué en un gag avec Cartman dans un des épisodes, je sais plus lequel. Ouf.

Les trolls, les hommes/femmes, l’élection, la nostalgie excessive. Oh Jeez, pour paraphraser la saison.

2 – Mon DIEU que c’était répétitif.

Je n’ai pas fait de review de Member Berries parce que voyant la continuité à des kilomètres, je voulais voir comment les intrigues placées dans le premier épisode allaient être développées pour être le plus objectif possible. Et heureusement sinon j’aurais fait DIX FOIS le même article. Pour la saison 19 (je suis OBLIGE de faire la comparaison, l’une est dans la continuité de l’autre) chaque épisode avait son propre thème, et allez regarder mes articles, mais sur la fin, les trois derniers épisodes se suivent un peu trop et je fais les trois mêmes articles – le second, notamment, est plus court parce qu’il est tellement semblable au précédent que je n’avais concrètement pas grand-chose à dire de plus – et là, grosso modo, mes articles, ça aurait été :

- Episode 1 : C’est du gros bordel d’embryon d’intrigues. Du potentiel. Le concept de Member Berries est sympa. Les passages avec Garrison sont drôles. Note / B+

- Episode 2 : Belle évolution d’Heidi et beau revirement du groupe contre Cartman, qui de fait soulève un terrible élan de sympathie de ma part. Fin très bien fichue visuellement et musicalement parlant. Hâte de voir la suite (c’est le seul épisode qui va provoquer ce sentiment chez moi parce que… c’est le seul épisode avec un vrai cliffhanger qui ne sera d’ailleurs PAS RESOLU). Note / A-

- Episode 3 : Grosso merdo le même épisode que les deux précédents, la seule scène qui m’a fait bien rire – le plus de toute la saison, même – est celle du débat présidentiel. Le reste, mouarf. Ça n’avance plus. Note / B

- Episode 4 : La saison tente un rebond après un bloc de trois épisodes un peu trop similaires. Butters est évidemment très drôle et cette contestation est une étrange allégorie… des Femen ? J’ai apprécié même si ça ne va nulle part par la suite, sur le coup c’était distrayant. Note / A-

- Episode 5 : A part la réflexion intéressante sur Trump qui choque sur son rapport aux femmes mais pas aux migrants, cet épisode était là encore une avancée très vague des intrigues des épisodes précédents. Note / C+

- Episode 6 : Là encore, une seule scène drôle, le flashback de Cartman, et ça fait quoi, une minute à peine. La saison piétine et rien n’avance. Note / C+

- Episode 7 : Je pensais que le « twist » électoral américain revitaliserait la saison. Pas vraiment, non. Même si ce n’est pas leur faute sur ce coup, j’attendais mieux. Gros, gros moins sur les scènes absolument pas drôles avec Clinton et Cosby (la chanson, mon dieu, ce gros moment de malaise intersidéral) ainsi que l’hallucinante connerie de ressortir le Rickroll en 2016. Excellent moyen de ringardiser d’office votre série, les gars. Bravo. Note / B-, clémente au vu de l’actualité inattendue qui a obligé à une réécriture de dernière minute.

- Episode 8 : Un léger mieux grâce à la revanche outrancière de Garrison notamment sur le PC Principal. Le reste stagne puissamment, notamment l’intrigue Cartman, à peine revitalisée par Butters, arrivé par hasard juste pour rendre les choses un tant soit peu intéressantes (qui n’est plus contestataire, preuve que cet épisode 4 était une grossière manœuvre pour surprendre après le coup de mou du 3). C’est bien ronflant. Note / B-

- Episode 9 : Le twist de la saison nous est révélé : Le chef anti-troll danois est un troll. Huh. Kyle et Ike quittent la maison dans l’épisode précédent mais ils sont de retour dans cet épisode et on subit Sheila qui hurle de nouveau après 10 ans à fermer sa gueule. Huh. Et on a un gag répétitif avec Garrison qui se fait engueuler par Monsieur Esclave et Kyle. Huh. Je sais pas si j’ai hâte de voir l’épisode 10. C’était juste la définition de l’anti-climax. Note / D

- Episode 10 : Quoi, Gerald s’en sort indemne ? Quoi, Sheila gueule pour rien ? Quoi, Kyle arrange tout dans un moment pseudo-épique qui n’est pas sans rappeler « Y’a plus d’Internet », saison 12 ? Quoi, Cartman a un Imagine Spot ridicule qui ne mène nulle part ? Quoi, la station spatiale est détruite ? Quoi, les Member Berries font un CAMEO alors qu’elles sont un des rares trouvailles pertinentes de la saison ? Quoi, le moment le plus intéressant de l’épisode, c’est la mère de Craig qui subit de plein fouet les conséquences de Trolltrace ? Huh. Saison réussie, beau troll. Note / D

En gros, j’ai compris que je ne couvrirais pas la saison à l’épisode 3. Que ça allait être répétitif à mort. Pire, une rumeur persistante que la saison allait se finir non résolue sur un gros troll – ce qui, rétrospectivement aurait été plus drôle et pertinent que d’enchaîner du Rickroll sur les trois-quatre derniers épisodes de la saison – me hantait. Je me rappelle de mon coup de colère contre l’épisode 13 de la saison 14 auquel je reprochais d’avoir les mêmes gags que l’épisode précédent et dont la finalité, part d’une trilogie, était bien faible comparé à la construction des épisodes précédents. Eh bah en comparaison, au moins, ça a eu le mérite d’être achevé, pas forcément très correctement mais au moins achevé. Là… et je reprochais à la saison 19 d’avoir une fin ouverte ? Mais là c’est même pas conclusif. Toute l’intrigue Gerald ne sert à rien, ne mène à rien, n’a aucun retournement de situation autre que « haha, Gerald échappe à quelque sanction qui pourrait l’atteindre ». On a complètement oublié Stan et Kenny (qui font un joyeux caméo dans le season finale, mais au secours), l’intrigue de Cartman est tellement superficielle qu’on dirait la biographie de Kim Kardashian, l’évolution de Garrison est le seul point étonnant et à peu près réussi de la saison, mais sinon… Ils auraient pu tout résoudre en cinq épisodes chrono. Et encore. Là, ça a méchamment trainé. Les épisodes n’avaient juste aucune identité propre. Fin, regardez un épisode au hasard, vous n’allez RIEN comprendre sans le reste, ça ne tient pas tout seul debout. Et quand bien même si ça serait sorti sur Netflix d’un coup les dix épisodes, fin… ça aurait été sacrément chiant quoi ! T’as à peine huit personnages principaux exploités en dix épisodes. Gerald, Cartman, Kyle, Ike, Sheila, Garrison, Heidi, Butters. Waouh. Les mecs quoi. La saison 19 c’était quand même un autre boudin à ce niveau-là.

3 – Peu de personnages égale peu d’attachement.

Un des gros défauts de la saison, ce sont les personnages secondaires. Dites ce que vous voulez sur la saison 19 mais le PC Principal a porté la saison en compagnie du reste du cast. Ici, l’usage des Broflovski était une excellente idée, ça nous a épargné du Randy-Stan habituel et ça a remis Kyle en lumière. Manque de bol, tout ce qu’il y a eu autour était fade et plat. Les collègues trolls de Gerald ? COMPLETEMENT inintéressants. Dildo Schwaggins ? Rien à battre. Même l’espèce de pseudo moment où il raconte son triste passé qui l’a mené à être troll m’a juste complètement indifféré. J’étais plus sensible à Gerald et aux frustrations de sa vie qui le poussent à trouver un échappatoire, ça, c’était crédible. Le coup de « hin, on s’est moqué de moi quand j’étais petit », euuuh… non. Idem, le chef anti-troll danois avait plus de crédibilité en étant VRAIMENT un chef anti-troll, en lutte contre les trolls, plutôt qu’un troll lui-même voulant troller les trolls. (Ça doit être assez dur à prononcer, cette phrase…) et je ne comprends ni l’intérêt de ce twist ni l’impact qu’il aurait dû avoir. C’était censé être un gros twist de ouf ? Non parce que c’est juste tellement tombé à plat qu’on ne peut pas appeler ça un twist, plutôt un « on s’est dit qu’avoir un antagoniste crédible, ce n’était pas très South Park. Plus, on était en manque de rebondissements. »

Garrison c’était pas trop mal mais mettre Caitlyn Jenner en retrait est une erreur IM-PAR-DO-NNABLE. C’était un des trucs les plus drôles de la fin de saison précédente, j’attendais énormément du retour de ce duo sur cette saison et elle a eu affreusement peu de scènes, alors que c’est leur duo sur cette campagne qui aurait été vraiment intéressant. Au lieu de ça, Garrison est majoritairement seul, obligé de tenir ses scènes quasiment à bout de bras. L’épisode où il revient à South Park pour se la péter est une vraie bouffée d’air frais, mais du coup tout son Angst du début de la saison sur sa non-envie d’être président a juste été foutue à la poubelle par… l’imprévisible élection de son alter égo dans la réalité. C’est dommageable, mais ils n’y peuvent rien pour le coup.

Côté Cartman, le passage d’Heidi en personnage semi-principal a été une réussite totale… sur la première moitié de la saison. Le revirement de Cartman est une énigme totale par contre, et j’aurais largement préféré, comme selon la théorie qui courrait, qu’il redevienne dingue sur la fin et se venge de ses potes qui ont pété ses affaires. Le coup de Mars est TELLEMENT sorti de nulle part que ça a complètement plombé la fin de la saison, et de surcroit j’ai déjà vu des réflexions du même type dans Archer et Drawn Together. C’est dire. Ah, et bravo d’avoir eu Elon Musk pour faire sa propre voix, je trouve que ça faisait très South Park et ça a vraiment apporté beaucoup à la saison.

Il se peut que je sois sarcastique.

4 – Manque d’humour criant sur l’ensemble de la saison.

Il y a eu des scènes drôles bien sûr. Sporadiquement, au moins une par épisode, mais sporadiquement. J’ai particulièrement adoré le débat (qui rétrospectivement est assez drôle à regarder, ils ont assez bien cerné la campagne de merde de Clinton), le mouvement masculiniste de Butters (un épisode avec beaucoup de zizis, très mémorable) (hors contexte c’est bizarre, je sais), l’espèce d’intrigue mafia complètement conne avec les Member Berries (un truc génial abandonné en cours de route parce que Patate), Sheila qui pisse sur Gerald quand il préfère lui dire qu’il regarde du fétiche-porn sur l’ondinisme plutôt que d’admettre qu’il est un troll (scène proprement et dégueulassement géniale) (surtout avec les gosses qui regardent) (là encore, contexte…), Ike (Considérez en fait Ike comme étant le MVP de la saison, et c’est encore plus drôle quand vous savez que c’est la fille de Trey Parker, quatre ans, qui fait sa voix en compagnie de son père qui lui souffle les répliques sur le moment), Garrison était parfois drôle, notablement en début de saison mais pas dégueu sur la fin,  notamment la confrontation avec le PC Principal (et la finalité off-screen de cette conversation était la cerise sur le gâteau) Bref, c’était une saison avec plein de moments amusants, mais isolés d’épisode en épisode, étalés sur la saison. Sur la fin, c’est beaucoup moins drôle mais pour une raison assez évidente, c’est que l’élection de Trump a rendu la réalité aussi abracadabrantesque que le plus absurde des épisodes de South Park. On ne peut pas parodier plus ce qui ressemble déjà à une farce absolue. Imaginez que les gars aient eu à faire un épisode sur le Brexit, comment vous voulez faire plus con que les mecs faisant campagne pour le Brexit puis se carapatant de la vie politique et refusant tout poste ministériel, refusant tout de go d’assumer politiquement leur connerie ? Vous ne pouvez pas faire plus absurde que ce qui est déjà en soi une aberration de la vie réelle. Comme le disait Cocteau, « La différence entre la réalité et la fiction, c’est que la fiction se doit être réaliste ».

Même si je trouve que fondamentalement ils se sont bien rattrapés après le calamiteux épisode 7 (les gags sur Bill Clinton « Premier Gentleman » des Etats-Unis tombaient plus qu’à plat quand il n’était plus que le « Presque Premier Gentleman »), on sent quand même qu’ils ont du mal niveau humour, déjà grevés par leur scénario balourd (en même temps quand vous faites les épisodes à la semaine, pas facile de tenir un bon scénario) (c’est un peu comme écrire une fanfiction sans avoir le scénario écrit à l’avance, vous avancez à tâtons, sans savoir trop à quel moment faire intervenir vos rebondissements dans l’intrigue, ça s’est vraiment ressenti sur cette saison qu’ils en avaient sous la pédale mais qu’ils ne pouvaient pas tout lâcher d’un coup sous peine de se foirer) tant niveau scénar que niveau humour : Le timing de la comédie est très différent du timing habituel de South Park et les gags récurrents sont moins percutants et passent plus pour de banales répétitions, vu que tout se suit. Un gag récurrent fonctionne quand il est discret et espacé, pas là quand c’est d’un épisode sur l’autre les trois mêmes gags qui se battent en duel.

Bref, j’ai détesté cette saison, elle me sort par les yeux, je finis cette review en la bâclant un peu, mais rien que la saison 20 de South Park n’ait pas déjà fait.

Je déconseille évidemment cette saison que je classe d’emblée comme la pire de la série.

Note saison : C-