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“There will be so many guns that nothing bad can happen !”

Quelle merveilleuse aventure fut cette saison 19. Une thématique déclinée sur dix épisodes. Une intrigue prenante. Des personnages régénérés sous l’effet d’une solidité retrouvée.

Contrairement à d’autres cartoons dont je ne citerai même pas le nom, South Park a COMPRIS. Elle a compris que le vieux modèle ne pouvait pas subsister en l’état, qu’il fallait tester de nouvelles choses, oser, prendre des risques, sous peine de s’enliser *cough* les simpsons *cough* family guy *cough* et après une saison 18 qui avec le recul fut plutôt un banc d’essai, la saison 19 a suivi un plan clairement établi.

Le résultat : Après les saisons 4, 5, 8, 11 et 15, la saison 19 devient un nouveau palier d’excellence dans la série.

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Jimmy est retenu en otage par Nathan aux Lofts. Celui-ci explique que le politiquement correct est en réalité un moyen pour les corporations de contrôler les masses. Une « gentrification du langage ». C’est très pertinent et très visible y compris ici en France : Les « bobos » sont très éloignés du « petit peuple » de par leur niveau de vie, certes, mais également par leur vision des choses. Sur cette saison, South Park a affiché la couleur : Les aficionados du politiquement correct sont totalement déconnectés de ceux qu’ils prétendent défendre, sont prévisibles et en tant que tels sont une cible publicitaire facile pour les corporations qui peuvent facilement adapter leur discours à des gens dont le mode de pensée est régi par des déclics aussi organiques.

… ça fait un peu extrême-gauche comme discours… Mais c’est bien ça. PC Principal découvre que son idéologie n’est qu’une façade. Son passage d’antagoniste à celui de « héros » est bien géré, en cela qu’au final, le politiquement correct n’est pas l’ennemi, c’est le détournement qui en est fait qui est l’ennemi.

Comme ses deux prédécesseurs, l’épisode mêle du scénario à une petite intrigue pas piquée des hannetons, et décide de s’en prendre au port d’armes.

Evidemment, c’est génial !

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Toutes ces parties où les personnages se menacent avec des flingues sont du génie absolu tant en manière de satire (Pas un coup de feu n’est tiré mais au final tout est résolu par les flingues !) qu’au niveau de la puissance dramatique qu’ils donnent. Les armes c’est rigolo, mais c’est également génial !! Vive les guns ! Qu’est-ce qu’on attend pour en avoir en Fra… ah, oui, c’est vrai…

Les choses sont résolues rapidement et quelque peu maladroitement sur certains points (Mackey qui a fait virer Victoria sous prétexte qu’elle ne « l’écoute pas »… mouais) et même si on n’a pas de bataille épique ou quoi ou qu’est-ce (ceci dit, on ne nous a rien promis), au moins tout a servi à quelque chose, et c’est tout ce qu’on (du moins je) demandait. Leslie fait le job jusqu'au bout pour être vaincue par un Principal floué qui veut sa vengeance.

A ce titre, la saison en elle-même est réussie, et même si cette fin ouverte est contestable, au moins les choses sont claires : South Park ne s’enlisera pas dans un modèle, elle va évoluer, changer et s’améliorer continuellement. Je suis convaincu, après des débuts difficiles, par ce nouveau modèle de dix épisodes. Sans avoir atteint le niveau d’une série comme Bojack Horseman, South Park vient juste de réussir la meilleure saison 19, toutes séries confondues.

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Les plus :

+ Bonne conclusion pour la saison

+ Géniale satire du problème des armes aux Etats-Unis

+ Classi, juste parce que

+ Thématique respectée jusqu’au bout

+ Drôle et haletant

Les moins :

- Fin ouverte ? Vraiment ?!

- Quelques petites fragilités par-ci par-là.

Note / A-

Note Saison / A

Grâce à sa construction inédite et à sa volonté de rester indéfectiblement dans sa thématique de satiriser le politiquement correct et son influence sur notre société, South Park a donné naissance à sa saison la plus vivante et la plus efficace depuis bien longtemps. Chaque épisode, enrobé du pouvoir de la saison, prend ainsi une ampleur démesurée, tout en restant regardable indépendamment du reste. Prenant exemple sur ses soeurs plus jeunes et plus pétillantes telles que Archer, Rick and Morty et Bojack Horseman, South Park a totalement réussi ce que j'appellerai sa "Saison Netflix" grâce à une prise de risques évidente au cours de laquelle elle a appris non pas à coller à l'actualité mais à coller à la société. Un pari gagnant.

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