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« You know me. I like to help. I like to be needed. »

South Park est désormais immergée dans un bain de politiquement correct tellement puissant qu’elle est prête à toutes les hypocrisies pour soigner son image. C’est ce que Naughty Ninjas montre avec brio. Lorsque Barbrady tire sur un enfant latino lors d’un rassemblement à l’école (le PC Principal a appelé les keufs suite à… une énième conversation de Leslie), il est viré et la police se retrouve sous le feu des critiques pour son traitement des minorités. Cependant, il s’avère que la ville de South Park a besoin des policiers…

Un scénario classique qu’on a déjà vu il y a… longtemps (Le charmeur de poules avait grosso modo le même scénar) mais qui ici sert le propos global de la saison. D’aucuns attendaient que South Park prenne position sur les assassinats policiers des afro-américains mais il n’en est rien, South Park choisit de mettre le projecteur une fois de plus non pas sur l’institution coupable mais sur les GENS et leurs réactions débiles. Une position qui leur a toujours réussi et qui prend un essor florissant sur cette saison. En montrant que les gens méprisent les policiers parce qu’ils font mal leur travail mais en montrant également qu’ils aiment à utiliser la police pour améliorer leur petit confort personnel, South Park met en évidence l’égoïsme de notre besoin sécuritaire. L’épisode traduisait le double langage de la population qui ne respecte pas l’autorité mais aime à en faire usage.

Du moins c’est ce que j’ai compris, mais je me doute que d'autres auront compris autre chose, et que certains, américains notamment, aient pu trouver la position de l’épisode un peu légère au vu de l’actualité. Disons que rien n'est clair, qui représente qui, est-ce que Yates est un raciste affirmé et Barbrady un simple flic de petite ville qui pâtit d'une situation... Mouais. En fait je suis un peu gêné par le côté "certains le font exprès, d'autres pas". C'est une ambiguité un peu facile.

Ceci dit, South Park n'est pas TENU d'avoir une position ; c'est un cartoon satirique, pas une force politique. En appliquant des comportements réels à sa situation métaphysique, South Park crée des situations annexes plus intéressantes que son propos dans cet épisode.

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Je commence par les enfants qui décident de fonder un club de ninjas. Cartman trouve ça gay, mais en voyant les gens apeurés par les costumes noirs (qui les font étrangement ressembler à des membres de l’Etat Islamique), il trouve ça cool. Il passera cependant l’épisode à convaincre les autres qu’il n’est pas à l’origine de l’analogie Ninjas = Gay.

C’est un des éléments qui brouillent les cartes du message de l’épisode : Les enfants se font-ils justice ? Sont-ils de futures victimes innocentes de la brutalité policière ? Imitent-ils des jeunes en capuche qui... Vaut mieux pas chercher, je crois.

Certes, cette intrigue est drôle, mais elle n’apporte pas grand-chose, on se demande d’où sort l’idée du côté des enfants et ça ne va pas plus loin que « hey, on est habillés en noir, on ressemble aux gars d’ISIS, on ne se reconnait même pas entre nous » Même si la réaction de Cartman face à la révélation qu’ISIS ne veut pas de juifs dans ses rangs était marrante, sans oublier l’excellente scène avec les parents de Jimmy.

Non, la vraie star de l’épisode, c’est l’officier Barbrady.

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Si je m’attendais à ce que South Park ressorte Barbrady du formol pour la saison 19… et pourtant. Loin de ses frasques de demi-attardé, Barbrady se contente d’être normal dans cet épisode. C’est un simple flic avec une simple vie et des préoccupations de simple mec. Le fait de retirer ses lunettes de soleil (19 ANS, on a attendu 19 ans de voir ces YEUX) permet de sortir du flic et de découvrir l’humain en dessous.

Gros travail vocal de Parker, voir Barbrady avec sa vieille chienne, passer de flic à sans-abri… putain quoi. South Park profite vraiment de la sérialisation pour renforcer son pool de personnages, et après Garrison et le Maire, Barbrady devient un nouveau personnage à grand potentiel. Le tour que lui jouent les adultes à la fin de l’épisode est d’une cruauté sans nom. Un acte d’égoïsme ignoble, celui de demander à un simple travailleur de faire la sale besogne. South Park ne défend pas la police, South Park explique qu’il y a les pourris et ceux qui font leur boulot. Barbrady est débile mais il est loyal envers son badge. C’est un humain. En utilisant ce vestige d’un passé où les policiers étaient pris à la légère, South Park réussit plutôt bien son coup.

Et comme on est dans une saison de continuité, à trois épisodes de la fin, South Park balance un gros cliffhanger des familles et annonce une fin de fou. Stay tuned, bitches.

Les plus :

+ Partie avec les enfants très drôle

+ Le rôle de Barbrady et le pouvoir hypnotique de ses yeux

+ Les gesticulations de Cartman et l’éternel gag de « on se ressemble tous avec un masque »

+ La continuité qui sert le propos et arrive à un point culminant

Les moins :

- Position peut-être un peu tiède dans l’intrigue sur la police

- Episode moins clair et moins droit-au-but que les précédents.

Note / B+

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